CONTEXTE – UTG

La situation du français langue étrangère (FLE)

à l`université de Gambie : FRE  101 / FRE 102.

Enquête et analyse sociolinguistique : décembre 2017

PLAN

1- Les motivations de la recherche
2- La politique linguistique de l’université de Gambie
3- L’apport de la sociolinguistique à la didactique des langues
4- La technique d’enquête
5- Les profils socio-biographiques des apprenants FRE 101 et 102 à l’université de Gambie
6- Les langues étrangères apprises par les étudiants gambiens à UTG
7- Les représentations linguistiques du français par les étudiants gambiens
7-1 : L’appréciation positive du français
7-2 : L’appréciation négative du français
8- Les difficultés rencontrées par les étudiants gambiens dans le cadre de l’apprentissage du FLE
9- Les recommandations données par les étudiants gambiens
10- L’avenir optimiste du français à UTG selon les étudiants gambiens
11- La réticence par rapport au français

 

INTRODUCTION

La didactique du français langue étrangère est une discipline à part entière. Cependant, elle ne saurait être isolée des autres disciplines des sciences du langage. Plutôt que de penser dans une logique de parallélisme, les disciplines sont à voir en transversalité et en connexion. Pour choisir une langue à parler, à diffuser, à promouvoir ou encore à enseigner, telle qu’elle soit, un ensemble de prolégomènes s’impose: déterminer la situation sociolinguistique du pays ou de l’institution, en comprendre les politiques linguistiques et éducatives, ses habitudes culturelles, sa géographie, son histoire et ses représentations de la langue en question. A côté des composantes linguistiques, pragmatiques, nous avons celles sociolinguistiques qui nous interpellent pour démontrer la pertinence du contexte dans tout enseignement /apprentissage, dans toute élaboration de projet didactique, pédagogique, mais aussi dans toute politique (décision et action). En nous basant sur le français langue étrangère en contexte universitaire gambien, nous tenterons de répondre dans cette contribution aux questions suivantes : qu’est-ce que la matière FRE 101/102 ? Qui sont les apprenants de FRE 101/102? Quelles sont leurs représentations de la langue et leurs difficultés ? Quel est l’apport de la sociolinguistique à la didactique des langues ? Notre travail s’appuiera sur une enquête par questionnaire réalisée en juin 2017 pour répondre aux questions posées et observer la dynamique des représentations linguistiques .

1- Les motivations de la recherche

Notre ambition d’analyser le profil des apprenants FLE, découle de plusieurs facteurs dont le point majeur est la compréhension du public-cible, ses besoins, ses motivations, ses attentes et ses difficultés afin d’améliorer les conditions d’exercice de notre fonction. Dans la même logique, nous partageons avec conviction que toute orientation linguistique, de n’importe quelle institution doit se poser sur les bases d’une enquête de terrain afin d’élucider le contexte, qui est un enjeu en didactique des langues-cultures, comme le rappellent Philippe Blanchet, Safia Asselah Rahal (2009:9). Hors, nous n’avons pas eu depuis notre embauche en 2013, l’occasion de mener des enquêtes sur les représentations sociolinguistiques du français à UTG. Nous voulons par cette présente combler ce vide et analyser une contradiction entre les données positives en majorité sur la perception de la langue française, données issues des recherches de 2010 lors de notre thèse et l’expansion d’une volonté d’éviction du français qui serait quasiment insignifiant aux yeux des étudiants. Les dire correspondent-ils aux faire linguistiques ? Enfin, nous voulons savoir si l’histoire linguistique gambienne est-il en phase avec l’histoire politique et le changement de régime en Gambie. Autrement, le climat politique de 2016/2017 a-t-il une incidence positive ou négative sur le français en Gambie ? En dernier lieu, nous voulons à travers à cette enquête, offrir aux professionnels de l’extérieur un panorama de la situation du français à UTG et sensibiliser les décideurs, les acteurs, les étudiants sur l’importance du français langue étrangère comme un apport économique, un véhicule d’échange et de partenariat avec le monde francophone surtout sous régional vue la proximité géographique, un outil de transfert des compétences et des savoirs. Nous voulons aussi sensibiliser et faire comprendre aux collaborateurs externes de UTG, le contexte universitaire de diffusion du français en leur offrant un bilan panoramique.

2- La politique linguistique de l’université de Gambie

La politique linguistique permet une gestion des langues, de la prise de décisions (politique) à l’application réelle de ces décisions (planification). Aux vertus thérapeutiques de ses interventions, elle donne naissance à la sociolinguistique ou linguistique appliquée, Henri Boyer (2001 :75). La politique linguistique est l’ensemble des orientations linguistiques d’un gouvernement, d’une institution ; la recherche et la mise en œuvre des moyens nécessaires à l’application en constituent la planification (actions), Louis-Jean Calvet (1999:154-155). A la lecture du préambule sur les politiques linguistiques de UTG, nous constatons que l’administration universitaire, a réalisé l’atout, la plus-value que peut constituer la maîtrise du français par ses étudiants, au regard de l’espace sous-régional à majorité francophone. Elle n’a alors pas hésité à imposer le français comme une matière obligatoire même pour les nonspécialistes, en référence à la circulaire du lundi 09 février 2015, afin d’asseoir des compétences au minimum de base en deuxième langue étrangère après l’anglais. Nous rappelons que l’anglais est la langue officielle de la Gambie de facto et non de jure, principale langue d’instruction et d’administration universitaire, Ndèye Maty Paye (2012).
Ainsi, en première année, les étudiants gambiens, font le FRE 101 pour le premier semestre et le FRE 102 pour le deuxième semestre. Au-delà, de la première année, ils doivent pencher pour un français professionnel, puis pour un français de spécialisation en fonction de leur domaine. In order to ensure UTG students and graduates are regionally and internationally competitive and to better serve The Gambia in international platforms with reasonable French language competencies, a decision was taken by Senate to enhance our students’ French language competency skills every semester they are enrolled in the UTG. The Gambia is surrounded by French speaking countries in the sub region and most of the professionals in these countries are at least bilingual and do speak French fluently as their first language and do posses English language competency and in some cases a third language. At its meeting held on Monday 9th February, 2015, Senate revisited its earlier decision on the French GER courses and after a thorough and exhaustive deliberation, directed as follows:
a) A French Language competency graduation requirement for all UTG students regardless of major or degree programme. b) To ensure competency, all UTG students MUST be exposed to French Language acquisition every semester they are enrolled at the UTG and must pass each enrolled French language course every semester they are enrolled at the UTG and this will be a graduation requirement for all students; Senate Resolution on French Courses, The University Of the Gambia , circulaire universitaire, bureau des inscriptions (registrar), du lundi 09 février 2015 .
7 mois plus tard, à la suite de protestations contre ces mesures, l’administration universitaire est revenue sur sa décision en allégeant l’offre linguistique pour le français, en référence à la circulaire du 14 septembre 2015. En effet, certains membres de l’association des étudiants, considèrent cette politique, comme une action inconstitutionelle, selon les mots de Almamy S. Manga, secrétaire général de l’association des étudiants UTGSU1. Le français reste désormais obligatoire (compulsory), pour tous les étudiants non spécialistes, c’est-à-dire ceux qui ne font pas d’études françaises mais dans toutes les autres disciplines (médecine, pharmacie, développement, droit, physique, chimie, maths, journalisme ….). Toutefois, cette nouvelle orientation s’accompagne, cette fois-ci de restrictions. En effet, la mesure ne concerne que les matières FRE 101 et FRE 102 en première année. Tout étudiant, exprimant un intérêt, au-delà de la première année pour le français à un niveau plus avancé, peut en signaler le besoin et prolonger ses études uniquement durant la période estivale (summer school). La faculté de médecine, et celle de journalisme dérogent pourtant à cette règle, par nécessité puisque les mobilités académiques de leurs étudiants ainsi que leurs spécialisation se font dans la sous-région le plus souvent (ex : le Sénégal francophone). At its meeting held on Saturday 12th September, 2015, Senate, deliberated extensively on the French Courses and the decision is, summarized below: a) That as part of the GER, Foreign Language Requirements, all students offering French must do French 101 and 102 (Compulsory) c) That those students who demonstrate interest in French beyond the GER level have the option to enroll in higher level French courses during the summer sessions at their own expense and convenience.
1-  Ebrima Bah, Gambia: UTGSU Clarifies Position On Compulsory French Courses, http://allafrica.com/stories/201511131974.html, 13 November 2015.

2 – Senate Resolution on French Courses, The University Of the Gambia , circulaire universitaire du samedi 14 septembre, 2015, bureau des inscriptions (Registrar) .

Comme langue étrangère et comme nous allons le voir dans les graphiques de l’enquête, l’arabe est enseigné par les professeurs du département d’études islamiques. L’espagnol, et le turc sont aussi deux langues offertes, mais elles ne se sont pas enseignées à tous les semestres et sont très tributaires des coopérations interétatiques et de la disponibilité de la ressource humaine étrangère. Aucun département pour ces filières n’existe à ce jour à UTG.

b) That those offering Arabic, Spanish , Turkish or any other Foreign Language must do the prescribed courses e.g. Arabic 101 and 102, Spanish 101 and 102, Turkish 101 and 102 etc. Senate Resolution on French Courses, The University Of the Gambia , circulaire universitaire du samedi 14 septembre, 2015, bureau des inscriptions (Registrar) .

Pour éviter, les polémiques et les tergiversations, pour se confronter à la réalité du terrain, et donner la voix aux étudiants, nous avons préféré mener une recherche d’envergure, pour comprendre la perception des étudiants à l’égard de la francophonie universitaire gambienne. L’analyse des représentations sociolinguistiques en contexte didactique est importante, en ce sens. Pour Rappel, les représentations sont des éléments identifiables et observables, qui traduisent le rapport subjectif du locuteur par à la langue, Elatiana Razafimandimbimanana, Virginie Doubli-Bounoua (2009 :43) au fil de l’évolution socioéconomique, politique et culturelle. Elles concernent l’idée que les acteurs sociaux se font de leurs pratiques langagières et la signification sociale, qu’ils leur attribuent, Philippe Blanchet (2007:35).

3- L’apport de la sociolinguistique à la didactique des langues

La sociolinguistique révèle que chaque langue est le reflet de la société qui la parle par ricochet, elle pose une relation dialectique entre langue et société. Il n’y a pas de société sans langue et vice-versa. De même, dans la langue, nous retrouvons la culture d’où la préférence de l’item langues-cultures, Henri Boyer (2001, 43-56). Partant de ce postulat, Nous dirons que tout locuteur évalue les langues avec lesquelles il est en contact selon une perspective diachronique et dynamique, poussant à respecter la relativité des données du terrain (méthode empirico-inductive), Philippe Blanchet2 (2000). Ce faisant, nous avons une perception, un jugement, une évaluation des langues, quelque que soit la nature méliorative (reconnaissance, valorisation, prestige) ou péjorative (dépréciation, stigmatisation, boycott) l’acte posé. Ce dernier a une incidence sur la stratification sociale des langues, leur diffusion massive, ou leur abandon instantané. Ainsi, si la sociolinguistique et le discours épilinguistique, Cécile Canut (1995) ont été marginalisés et jugé non scientifique, bâtard, infondé, fiable, la littérature récente a changé les paramètres de la recherche. Désormais, ce que le locuteur dit, pense et fait de sa langue est significatif. L’étude des représentations sociolinguistiques, détermine les usages réels (pratiques) de la langue. Elles sont d’autant plus importante pour la didactique des langues cultures car elles permettent de saisir les motivations de l’apprentissage, les besoins subjectifs (attentes, souhaits , motivations des apprenants = tâche du sociolinguiste ) vs les besoins objectifs (contenus enseignés, 2 Citées par Elatiana Razafimandimbimanana, Virginie Doubli-Bounoua (2009 :43) contexte de son utilisation dans la vie réelle, genre d’usage, descriptions adéquates de ses usages = tâches des linguistes), Richterich (1985); les préférences et les goûts linguistiques, l’idéologie dominante, les orientations linguistiques d’un Etat, ou d’une institution (ex ; écoles, universités….) et tout changement linguistique , Louis-jean Calvet (1999). On comprend alors le poids décisif des représentations dans le processus complexe de l’apprentissage des langues car c’est à l’intermédiaire des pensées et des actions qu’est située la puissance relative des représentations Danièle Moore, (2001 :10 ; 2006 :185) d’où le choix de leur étude pour réfléchir sur la didactique des langues3. Les représentations sociolinguistiques de l’apprenant ou les images que l’apprenant se fait de la langue contribuent à la dévalorisation de toute tentative d’apprentissage ou au contraire aux dynamiques de réussite, Fatima Zahra BOUTHIBAL, Kawther DEMBRIL, Redouane KERROURIL, (2016). Elles ont alors un impact dans l’apprentissage/enseignement des langues. Faire fie de la sociolinguistique et de ses techniques d’enquête ne serait-il pas alors une négligence des institutions dans les processus de décision, d’orientation, et d’actions linguistiques ?

4- La technique d’enquête

 Pour une enquête efficace, nous avons travaillé avec le logiciel d’enquête Sphinx Plus –  version 2000. Le logiciel nous a facilité les stades de l’enquête: l’élaboration du questionnaire, la saisie des données, les traitements quantitatifs et qualitatifs à la fois, l’analyse lexicale. Prévue au mois de mars 2016, nous n’avons pu réaliser notre enquête qu’à la fin du mois de juin 2017 à la période des examens du second semestre 2016-2017 au campus universitaire de Brikama (Gambie) à cause des limites financières (photocopies en nombre suffisant, calendrier universitaire perturbé suite à l’impasse politique de décembre 2016 …). De ce retard, il en résulte un avantage, nous avons pu rassembler notre corpus en un seul et même jour à savoir le jour de l’examen final des FRE 101 et 102. Soixante étudiants de l’université de Gambie forment notre population d’enquêtés, à qui nous avons soumis un questionnaire composé de 22 questions fermées et ouvertes sur le français langue étrangère en contexte universitaire gambien. Les questions ouvertes nous ont garanti des réponses libres donnant accès aux schémas de pensée, l’apprenant dit effectivement ce qui pense. Les questions fermées nous ont permis de proposer aux enquêtés plusieurs réponses possibles et de choisir librement entre elles pour une information plus standardisées. Ce qui nous a permis d’aboutir à la fois à une analyse qualitative édifiant sur les parcours personnels et les perceptions ; une analyse quantitative permettant un accès aux statistiques et aux chiffres, une analyse lexicale des items et occurrences les plus citées et leur significativité. Le questionnaire comporte cinq principales parties: la première donne sens au signalétique (profils), la deuxième offre un panorama sur l’apprentissage du FRE101/102 à UTG, la troisième est focalisée sur l’(in)sécurité linguistique des apprenants, la quatrième sur les difficultés rencontrées par ces apprenants et la cinquième sur les perspectives, attentes voulues par nos enquêtés (3 Citées par Elatiana Razafimandimbimanana, Virginie Doubli-Bounoua (2009 :43) 4 Carmen Alén Garabato, Méthodologie de la recherche, cours de l’université Paul Valéry, Montpellier 3, 2011. 5 Idem.). Nous allons dans ce qui suit, inventorier les résultats obtenus.

5- Les profils socio-biographiques des apprenants FRE 101 et 102 à l’université de Gambie

Notre échantillon est constitué d’une population très jeune dont l’âge n’excède pas 30 ans . Nous pouvons le vérifier dans la présentation de certains où la tranche varie plus précisément entre 17 et 28 ans, le plus âgé de notre corpus a effectivement 30 ans. Tandis qu’un seul enquêté n°56 n’a pas donné de précision à ce sujet . Nous comprenons par là, que le taux de scolarisation a augmenté en Gambie et que la jeunesse est beaucoup plus impliqué dans le sort national en investissant dans les études. Contrairement aux années où la population estudiantine était âgée ( 40 ans et plus), la donne a changé.

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Illustration 1
Textes extraits de question
            Observation n°19 : please, in five lines, intoduce yourself and your country in French language. (35 réponses citées).
Observation n° 1 : Je m’appelle Ida Njie et je suis gambienne. J’ai 18 ans et je habite à Kotu East. ..
Observation n° 4 : Je m’appelle Isatou O Jah . J’ai 19 ans …
Observation n° 5 : Je m’appelle Eliana Jarju. J’habite à Fajikunda. Je suis gambienne. J’ai 20 ans . ..
Observation n° 6 :Je m’appelle Ella . Je suis etudiante, je fais medicine. Je suis sierra-leonaise.  J’ai 18 ans
Observation n° 13 : Je m’appelle Serajor Jallow, je suis Gambien. J’ai 28 ans …
Observation n° 15 : je suis étudiante à l’université de la Gambia. J’ai 19 ans. J’habite à Brikama…
Observation n° 29 : Je m’appelle Alasan Sonko. J’habite à Brikama. J’ai 30 ans …
Observation n° 31 : je m’appelle Fatima Colley . Je suis célébataire. J’ai 18 ans …
Observation n° 43 : Je m’appelle Kadiatu Kamara. Je suis 17 ans …
Observation n° 47 : je m’applle Fatou , je suis gambienne… J’ai 23 ans
Observation n° 55 : je m’appelle Tida Saidy, j’ai 21 ans…

De même, notre population est à majorité de nationalité gambienne 95% excepté l’enquêté n°6 qui est sierra-léonais. Toutefois, nous avons deux non-réponses. L’élite se forge de beaucoup de natifs tandis que la population étrangère estudiantine s’amoindrit. Peut-on, envisager un nationalisme progressif de plus en plus intensifié et assumé?

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Les personnes interrogées proviennent de diverses filières et sont pour la majorité à la faculté des lettres et des Sciences (School of arts and Science – SAS), sauf les étudiants des facultés de droit (law school), de médecine, des technologies de l’information (ICT school) et les études infirmières (Nursing). Ils suivent leurs principaux cours en majorité à Brikama ; Kanifing, Banjul suivant leurs spécialisations. Ils préparent toute année confondue la licence sous l’appellation anglaise de bachelors degree. Il est vrai que l’université gambienne est très jeune, mais progressivement elle s’autonomise en recrutant moins la ressource humaine étrangère et en misant sur sa propre population. Diverses filières existent, et les déplacements vers l’extérieur pour des spécialisations se réduisent du fait d’une offre universitaire gambienne qui s’enrichit au fur des années, grâce à la main d’œuvre locale. Il reste à octroyer à celle-ci , les moyens d’asseoir leurs compétences par la formation continue et la validation des acquis sanctionnées des diplômes au niveau les plus élevés comme le master et le doctorat. Ce qui est en cours avec la coopération universitaire étrangère, les universités virtuelles qui dispensent les cours en ligne (plateforme de l’AUF et université virtuelle africaine (AVU) …). Si nous observons, le graphique n°1, nous observons que la majorité de nos apprenants à Brikama, pour le FRE 101/102, nous provient du département de Development studies soit 40%, suivi à part égale soit 10% par département : de Political Science, médecine (préméd), English, Public Health …

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Notre corpus révèle autant d’étudiants de sexe masculin que féminin, avec un pic pour la gente féminine soit 62% de femmes contre 37 % d’hommes. Ce qui démontre, que les femmes ne sont pas laissées en arrière-plan. Elles sont impliquées dans les débats intellectuels et les processus de décisions. Tout de même, nous signalons une réflexion : ce pourcentage, élevée de femmes se retrouve-t-il aux niveaux, les plus avancés (master, doctorat) ?

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6- Les langues étrangères apprises par les étudiants gambiens à UTG

Nous considérons que l’anglais est une langue officielle en Gambie, une langue de scolarisation de facto et non de jure, une langue d’enseignement du et en anglais, héritage colonial, aujourd’hui, langue de l’administration et véhicule du savoir, au regard de la Constitution Gambienne et de la politique linguistique gambienne, Ndèye Maty Paye (2015). Il est donc logique qu’il ne soit pas dans le tableau, puisque nous considérons que tous les étudiants le maîtrisent et le possède dans leur répertoire plurilingue, Alieu Jobe (1989), Ndèye Maty Paye (2012). La première langue étrangère apprise à l’université gambienne à 100% est le français suivi de l’arabe 1%.

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Comme nous le constatons, à l’unanimité le français est apprise à UTG, seul l’enquêté n°37 en études Islamiques ajoute à ses compétences, la langue arabe en raison de sa spécialisation. Ce qui traduit et confirme en réalité, la position du français comme première langue étrangère à l’université gambienne, suivi pour une faible part de l’arabe en deuxième position. L’espagnol et le turc n’ont pas été offerts, ces semestres passés pour les raisons évoquées cf. supra : la politique linguistique à UTG. Dans les raisons données par nos apprenants, sur cette apprentissage du français, nous avons une explication majeure à savoir que cet apprentissage est une partie intégrante du programme universitaire. Le FRE 101 /102 à un caractère obligatoire pour les étudiants en première année de licence. Difficile alors de l’ignorer ! Voila une première motivation extérieure à la volonté des étudiants contraints et imposé par l’administration universitaire. Faut-il en tirer une conclusion hâtive et en déduire que la contrainte est repoussée et refusée, Ndèye Maty Paye (2012), par le corps estudiantin ? Les réponses données montre que l’administration a pris cette décision dans l’intérêt des étudiants pour des motifs, JANA Boivin OCKOVA (2007:268-270) : pratique (large diffusion du français sur la scène internationale avec un large auditoire), pragmatique (économique), culturel (connaissance avec les voisins francophones de l’Afrique de l’ouest), matériel (travail, argent, étude, voyages, conférences, coopérations … ). Mais, les étudiants, malgré ce forcing expliquent eux-mêmes, leur intérêt pour la langue française. Elle est utile, à en croire les réponses, pour leur projet professionnel, important car la francophonie de proximité est à considérer, sans oublier leur passion pour cette langue.

Illustration :
Textes extraits de la question °6. Why 1 ?
Observation n° 5 : it’s compulsory for my course.
Observation n° 6 : it’s part of my course requirements.
Observation n° 15 : it is an interesting course.
Observation n° 16 : it is more common in Africa.
Observation n° 18 : l admire the subject and find it very interesting during class.
Observation n° 21 : my dream is to work in the gambian embassy in Senegal besides l love French language.
Observation n° 24 : l love to be able to speak it as my first foreign language.
Observation n° 33 : because l like French naturally . Observation n° 47 : I like French.

7- Les représentations linguistiques du français par les étudiants gambiens

7-1 : L’appréciation positive du français

Le graphique 10 montre que la passion pour la langue française s’avère réelle avec 92% de francophiles contre 7% de francophobes. L’image du français reste alors positive dans cette institution anglophone. Cette reconnaissance, renommée et prestige du français s’accompagnent d’arguments solides donnés à la question n°8 : à savoir: Why do you like French?

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Nous avons aussi procéder à une analyse lexicale en demandant aux enquêtés d’associer au minimum 5 adjectifs au français. La question était : question n°10 : Please choose five adjectives for qualifying French language ?
5. Which foreign language do you study, actually at the UTG?
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L’analyse lexicale montre que le français est jugé intéressant (cité 15 fois) selon les mots des apprenants et insiste surtout sur son statut international, officiel. Il peut aider lors des communications exogènes. Le français a ici une valeur pratique, fonctionnelle. Il est considéré comme une langue véhiculaire, Louis-Jean Calvet (1999), de large diffusion, une opportunité, qui peut les aider lors des mobilités académiques. Les adjectifs : Helpful et International cité une fois chacun ont été associés au français. Quelques réponses à cet effet, peuvent être citées :

Textes extraits de ‘8.why2′(40 réponses citées)

Illustration
Observation n° 2 : it’s an international language
Observation n° 3 : because it is very interesting, I want to be able to speak it.
Observation n° 4 : it’s a means communication and it enlightens you on the subject matter
Observation n° 5 : it’s interresting
Observation n° 7 : it is because I want to be able to speak many languages involving French
Observation n° 14 : it is helpful
Observation n° 18 : it’s interesting and also a very beautiful course.
Observation n° 13 : it is an official language.
Observation n° 23 : it’s essential to be able to speak different language and French is an important international language.
Observation n° 26 : it’s an international language and it will help me in my dream for foreign mission.
Observation n° 32 : it is because it is a foreign language and it is very advantages to be able to speak it that international interactions will be easy .
Observation n° 33 : it is almost speaking worldwide and that’s an opportunity for me as a university student in case if l’m exposes to the world especially French speaking countries
Observation n° 37 : l am very interested in French .
Observation n° 40 : it’s an international language
Observation n° 49 : to improve my speaking skills
Observation n° 58 : it is an international language which a neighbour to English language.
Observation n° 50 : because it helps me and encourage me in many aspect especially when communicating with friend and family who are french speaking people.
Observation n° 51 : advantage
Observation n° 52 : Because it is an important language which help me with communicating with our surrounding countries.
Observation n° 53 : l like it because it’s easy and important to learn , so that you can present yourself in any french country in find yourself.
Observation n° 58 : it is an international language which a neighbour to English language.

Nous constatons que certains étudiants, explique leur intérêt pour le français en lui associant leur projet professionnel. En ce sens, Ils expriment leur volonté d’être bilingue (anglais/français) pour pouvoir travailler dans des organisations internationales comme l’ONU, ou la diplomatie gambienne.

Illustration
Textes extraits de ‘8.why2′(40 réponses citées)
Observation n° 19 : l want to be bilingual
Observation n° 27 : l am interested in French language because l want to work with the United Nations or other international organisations.
Observation n° 31 : it gives me the opportunity to learn a foreign language.
Observation n° 41 : the language is diplomatic. Observation n° 54 : because l want to be bilingual

Pour d’autres étudiants, c’est la valeur esthétique de la langue qui est privilégiée, le français est une langue belle, agréable à parler, qui fait qu’ils se sentent bien. L’analyse lexicale montre avec visibilité, les adjectifs associés à la langue française pour évoquer sa beauté : Beautiful 4 fois, Nice 4fois, Magnifique 2fois, Appealing 2fois, Captivating 1fois, Agreable 1fois, Charming 1fois . C’est une langue aussi à laquelle on attribue une valeur éducative et morale, c’est-à-dire qu’elle donne accès à l’instruction, au savoir-vivre et savoir-faire : Educative 4 fois, Polite 1 fois.

Illustration
Textes extraits de ‘8.why2′(40 réponses citées)
Observation n° 28 : it’s educative

Nous avons aussi une valeur affective dédiée au français qui rappelle les sentiments et les émotions. Les adjectifs associés à ce sujet au français sont les suivants: Amazing 1 fois,Enjoyable 1 fois , Formidable 1 fois , Genial 1 fois , Romantic, 1 fois, Centimenta, 1 fois6* , Impressive 1 fois ,Loveable 1 fois , Passionnant 1 fois.

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Textes extraits de ‘8.why2’ (40 réponses citées)
Observation n° 12 : because it makes me feel good
Observation n° 22 : it’s fun to learn
Observation : because if is an international language and l love languages

Enfin, une valeur génétique, est accordée au français, qui est jugé comme apparenté à l’anglais ou encore sa facilité ou difficulté est ici de mise. Easily 1 fois , Perfect 1fois , Rich 1 fois, Soft 1fois, Standard 1 fois.

Observation n° 58 : it is an international language which a neighbour to English language.

7-2 : L’appréciation négative du français

7% de notre échantillon ont un rebus pour le français, qu’ils rejettent et éprouvent un sentiment négatif, en insistant sur sa difficulté (valeur génétique) et en reconnaissant leur incapacité à le parler. L’analyse lexicale offre une vision générale de l’appréhension du français avec des adjectifs négatifs associés au français : Unimportant 1 fois, Complicated 2 fois, Ardnous1 fois, Braincracking 1 fois, Petty 1 fois, difficult 1fois, Edge1 fois.
En résumé, l’apprentissage du FRE 101/102, s’accompagne d’évaluations positive/ négatives du français auquel, est accordée des valeurs, Louis-Jean Calvet, (1999 :75): génétique, esthétique, morale, pragmatique, fonctionnelle, qui ont une incidence sur les difficultés d’apprentissage ou de réussite de l’apprenant. Comprendre alors, les représentations linguistiques, est indispensable pour trouver des solutions destinées à améliorer les conditions de l’apprentissage/enseignement du FLE à UTG.

8- Les difficultés rencontrées par les étudiants gambiens dans le cadre de l’apprentissage du FLE

Les étudiants en majorité 67% éprouvent des difficultés dans leur apprentissage, même si 30% déclare ne pas en avoir. Une rapide analyse lexicale des items et occurrences les plus cités, montrent que l’aspect oral, dans toutes ses composantes remportent la palme des difficultés citées. Parler (speaking, 7 fois cité), Lire (reading, 4 fois cité), Prononcer (Pronounciation 9 fois cité), Epeler (3 fois cité) en français, constitue le problème majeur évoqué par les étudiants. L’écrit n’a été que peu cité (3 fois).

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Si nous poussons un peu plus loin la réflexion, dans la liste des justifications données, nous voyons d’autres obstacles expliqués, au-delà de la compétence linguistique. L’environnement linguistique, surtout familial et amical, ne donne pas aux apprenants, l’opportunité de pratiquer le français. Le français est limité d’après eux, aux séances de classe de UTG. Un problème de matériel pédagogique est souligné. Non seulement, nous n’avons pas vu de laboratoire de langue à 6 *= aggramatical
UTG, mais souvent, les apprenants courent toujours après une chaise et une table. Ce qui retarde considérablement, les cours de 3H par semaine. Certains étudiants avouent qu’il leur est souvent impossible de se présenter au cours car ils travaillent simultanément dans d’autres structures. Or l’absence au cours n’est souvent pas tolérée par les professeurs. D’autres affirment ne pas comprendre leur professeur de français. D’autres encore déclarent que le temps accordé au français est trop court.

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Textes : extraits de ’16.diff : Quelles sont ces difficultés ?
Observation n° 3 : spelling is a problem for me . I would read the words but been able to spell is a problem.
Observation n° 6 : The speaking aspect.
Observation n° 8 : speak
Observation n° 11 : the oral French.
Observation n° 13 : masculin and feminin; verbs, spelling, prononciation.
Observation n° 15 : l find it very difficult to pronounce some of its words.
Observation n° 18 : we have to look for chairs and tables everytime there is a french lecture
Observation n° 23 : understanding the verbs
Observation n° 24 : lecturer do not consider , l am trying to learn the language , lecturer is not flexible with the way l act lately.l have difficulties attending classes because l have much important things to do at work that the lecturer do not understand.
Observation n° 35 : l don’t have someone to speak it with .
Observation n° 37 : lack of enough course in it , the time for 101 and 102 is too small.
Observation n° 46 : l have no one to help me at home while studying Observation n° 49 : understanding the lecturers.

9- Les recommandations données par les étudiants gambiens

A la suite des limites citées, nous leur avons donné la possibilité de s’exprimer librement afin de recueillir leurs suggestions. Celles-ci contribuent à améliorer leurs conditions d’apprentissage. 44 réponses on été enregistrées.

  • Pourvoir des salles de classe suffisantes et bien équipées.
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Textes extraits de ’22.advise’ (44 réponses citées)
Observation n° 18 : we have to look for chairs and tables everytime there is a french lecture
Observation n° 31 : to encourage students and lecturers by having more classrooms.
  • Une plus grande focalisation sur l’enseignement de l’oral négligé Le plus grand souhait des étudiants est l’octroi de méthodes mais aussi de livres en français leur permettant de s’exercer à la lecture. Les étudiants préconisent de faire beaucoup plus cours liés à la compétence orale (compréhension /production) pour pallier au déficit manifesté à ce sujet. Ils insistent d’ailleurs sur le fait que l’oral fait partie du processus d’enseignement de la langue, et de ne pas attendre le jour uniquement de l’examen pour leur faire découvrir l’oral. Ils affirment aussi qu’il y a à UTG une lacune concernant le matériel audio et pour les apprenants et pour les enseignants.
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Textes extraits de ’22.advise’ (44 réponses citées)
Observation n° 1 : to provide more learning materials in French and giving out French books novels .
Observation n° 2 : audio lessons and more learning material
Observation n° 6 : More communication and speaking skills.
Observation n° 9 : for more oral lessons to be done in class.  
Observation n° 11 : French lectures should encourage oral French during lectures not only exams.
Observation n° 17 : more of oral
Observation n° 13 : more emphasis on masculin and feminin: verbs, spelling and prononciation.
Observation n° 18 : research and more learning materials should be provides. French lectures should engage their students to speak more of French during it’s lecture time.
Observation n° 19 : to provide French text Book
Observation n° 20 : more of oral test than written test.
Observation n° 33 : if they can find audio players or find other alternative to improving peoples speaking and pronounciation skills in French.
Observation n° 41 : to provide more materials that will help for a better learning condition.
Observation n° 43 : it should be more pratical, conversations and exposure to make learning faster
Observation n° 44 : speaking it regularly Observation n° 45 : provide adequate facilities.
  • Sensibiliser les étudiants sur l’intérêt du français Les apprenants par le biais d’atelier voudraient une sensibilisation de leurs congénères sur l’utilité du français, qui n’est pas une langue rivale de l’anglais, encore moins une langue colonisatrice, ennemie, mais au contraire une valeur ajoutée dans le marché du travail. Il offre des opportunités.
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Textes extraits de ’22.advise’ (44 réponses citées)
Observation n° 29 : Let all French lecturers be able to use demonstrative methodologies as it encourages students .
observation n° 30 : to encourage students to engage in the language.
  • Recourir à la traduction anglais/français Les étudiants voudraient l’autorisation d’utiliser les disctionnaires en classe et que le professeur soit en mesure de traduire certains éléments en anglais pour permettre la compréhension.
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Textes extraits de ’22.advise’ (44 réponses citées)
Observation n° 3 : I think that the lecturer should explain and translate whatever he/she writes in French into English.
Observation n° 5 : the lecturer should be translating mor for easy understanding.
Observation n° 28 : the translation need to be included for better understanding.
Observation n° 46 : for students to be using English-Frenchdictionary and to concentrate during lecture
Observation n° 48 : provision of english translated versions of french dictionaries
  •  Revoir le comportement et la relation des enseignants à l’égard des apprenants Plus de patience et de compréhension à l’égard des apprenants sont demandés aux professeurs, sachant que beaucoup d’entre eux sont des débutants.
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Textes extraits de ’22.advise’ (44 réponses citées)
Observation n° 8 : let the lecturers have patience , it is not our mother tongue .
Observation n° 10 : more polite and patient teachers.
Observation n° 24 : lectures should be flexible with english students because most of us start french learning here in Utg . Lecturers should not take the off days for students.
Observation n° 53 : by seeking Knowledge from french teachers or any others person that can speak French well
Observation n° 55 : determination and hardwork by students , patience of the lecturers .
Observation n° 57 : let french lecturers be patience and helpful, to us always because this is the first time many us are learning French .
  • Encourager la recherche en français Le département est déjà riche de l’organisation d’un colloque à caractère international (Dr. Sylvie Coly, Prof. Pierre Gomez) ; les publications sont difficiles mais existantes. Mais, les étudiants conseillent et encouragent activement que les enseignants poursuivent dans cette ambition et dans le partenariat avec les universités de la sous-région. Ce qui existe déjà avec l’université Gaston Berger du Sénégal et l’université Cheik Anta Diop de Dakar, Sénégal, l’université de Limoges France, l’agence universitaire francophone.
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Textes extraits de ’22.advise’ (44 réponses citées)
Observation n° 12 : feild research in Senegal discussions among ourselves
Observation n° 14 : by organising seminars and convention on the basis of important of French in general
  • Redynamiser le club de Français Le club de français est en charge des activités extra-scolaires. Tout de même, lors d’une visite, nous avons pu constater, que la majeure partie de son engagement réside dans les cours de renforcement pour aider les étudiants. Il est vrai que cela est important. Mais voilà bien deux ans, que nous avons observé un manque d’initiative (activités ludiques et culturelles du club). Le voyage d’étude qui devait être organisé à destination du Sénégal francophone peine à se concrétiser, faute de moyens financiers et de sponsors. Il n’est donc pas étonnant de tomber sur cette suggestion.
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Textes extraits de ’22.advise’ (44 réponses citées)
Observation n° 21 : to active an active French club in the UTG. Some of the French students can use this communicate even group chats is welcome.
  • Recruter des enseignants anglophones pour enseigner le français Les apprenants ont exprimés très clairement qu’ils veulent des enseignants avec des compétences en anglais afin que d’avoir certains éléments du cours traduit.
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Textes extraits de ’22.advise’ (44 réponses citées)
Observation n° 27 : to provide lectures with standard English background.
Observation n° 58 : To try and employ more french lecturers in UTG and if possible introduce French 103 in order to do a good background in it after UTG.
Observation n° 50 : my advise is keep having patient with student so that the passion for French will improve and Ip lectures can be speaking both French an d English like in order to make student understanding .
observation n° 52 : hiring best lecturers for the better understanding of students for the lecturer to be fluent in english as well for the benefit of students who would translate .
  • Organiser des séjours linguistiques vers les pays francophones Les étudiants souhaiteraient des mobilités vers les pays francophones (courts séjours) leur permettant de pratiquer sur les acquis sur le terrain.
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Textes extraits de ’22.advise’ (44 réponses citées)

Observation n° 35 : By taking me to France to speak it everyday

10- L’avenir optimiste du français à UTG selon les étudiants gambiens

L’avenir semble prometteur pour l’enseignement/apprentissage du français à l’université de Gambie. A la question 20 : do you want to learn French after FRE101/102 at UTG ? La réponse est majoritairement positive.  Réintrodure les cours pour les niveaux avancés Beaucoup d’étudiants souhaitent que des cours à des niveaux plus avancés, 103, 104, 201, 202 … soient réintégrer au programme universitaire pour leur permettre de peaufiner leur compétence en langue française. Ils sont 78% à exprimer cette volonté contre 7%.

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Textes extraits de ’22.advise’ (44 réponses citées)

Observation n° 37 : To conduct Extra class for it .

Observation n° 38 : Provide more learning materials , introduce 103

Observation n° 40 : create more French courses and provide adequate materials .

Observation n° 58 : To try and employ more french lecturers in UTG and if possible introduce French 103 in order to do a good background in it after UTG.

La majorité de notre population d’enquêté, à savoir 90% croit à un avenir radieux du français à l’université gambienne, contre 4% qui exprime une réticence. Les arguments positifs avancés pour l’optimisme avancé à l’égard du français à l’université sont nombreux. Certains étudiants affirment avoir une connaissance antérieure du français et le faire à l’université a augmenté leur passion pour la langue. D’autres ne tarissent pas d’éloges sur leurs enseignants qu’ils trouvent : actifs, dynamiques, ponctuels, qualifiés. Ensuite, nous avons ceux qui trouvent que le français ne peut-être qu’un atout pour l’université pour la simple et bonne raison que toute université digne de ce nom devraient pourvoir à ses apprenants au minimum deux langues étrangères. Un autre motif donné estqu’il est difficile d’ignorer la langue française, vu l’encerclement géographique de la Gambie par la francophonie. Les apprenants pour finir manifestent un vif intérêt pour connaître la francophonie.

20. Do you want to learn French after Fre 101 and Fre 102 at UTG?
Screenshot_2018-10-20 Résultats de recherche - ndeyematypaye gmail com - Gmail(8)
17. Do you believe that French language have a good future in UTG?
Screenshot_2018-10-20 Résultats de recherche - ndeyematypaye gmail com - Gmail(9)

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Textes extraits de ’18.why4′(40 réponses citées)

Observation n° 1 : because most students doing it have a good knowledge of it before enrolling mostly from their formers schools, then just need to improve it .

Observation n° 3 : because a lot of students are really interested in the french course.

Observation n° 4 : it enables the students to learn francophonie and be able to speak the language fluently and have then survive in French speaking countries.

Observation n° 5 : the lecturer teaching me is active , punctual, and encourages class discussion

Observation n° 9 : since we are in West Africa and some countries are francophone, so being able to speak and write in French would benefit use more.

Observation n° 11 : it is because to any university graduate should be able to speak two or more foreign language therefore French is of great advantage.

Observation n° 12 : people are bulding huge interest in it

Observation n° 13 : the french lecturers are doing well. Observation n° 14 : It would the student to improve on French.

Observation n° 15 : students want to be fluent in more international languages.

Observation n° 16 : the learning conditions are conducive and the lectures are well qualified and good at what they do.

Observation n° 17 : just think so

Observation n° 19 : because it is an added advantage if you can speak French .

Observation n° 20 : because most students are interested to know others languages

Observation n° 21 : because some students want to work in Senegal and other international organizations.

Observation n° 23 : student should be able to speak different international language

Observation n° 27 : because in our country is predominantly surrounded with francophone countries and students are beginning to realize its importance

Observation n° 28 : it’s very important , if we would to improve the level of communication beetween students and outsiders.

Observation n° 29 : it is attracting more and more students , also because French is now a core subject in secondary school Education. Thus the interest will be picked from there.

Observation n° 30 : there are some students of the UTG, who are interested in the course . Therefore, it will give rise to those student.

Observation n° 35 : because l enjoy learning it

Observation n° 37 : Because it is a language that have the level of English in important.

Observation n° 38 : people are interested to learn languages.

Observation n° 41 : because students are truly interested in the studies there are competent lecturers.

Observation n° 43 : it will improve level of communication .

Observation n° 45 : good teachers available

Observation n° 46 : students are loving the language during the 101 and 102 courses .

Observation n° 47 : because are getting more interest in it .

Observation n° 48 : students are very much interested in it

Observation n° 49 : because people love it.

Observation n° 50 : because in future generative we can fit in a country and can defend ourselves in any French country .

Observation n° 52 : will help many students in the near futur if they happen to be in any Francophone country .

Observation n° 53 : it helps you to look in any french countries in the world.

Observation n° 58 : It is an important international language.

11- La réticence par rapport au français

Même s’il constitue une minorité, nous avons des apprenants de FRE 101/102, qui ne sont nullement motivés par l’apprentissage du français. Si nous regardons les graphiques 10 ; 17; 20 (supra), nous constatons toujours que 7% de notre échantillon, en réalité, 4 enquêtés ne sont pas convaincus. Ils disent de ne pas aimer le français, ne croient pas en l’avenir du français et surtout ne veulent pas poursuivre dans les niveaux avancés. Ils sont dans la totale négativité en posant d’emblée leur réticence en ces phrases :

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Textes extraits de ‘8.why2′(40 réponses citées)
Observation n° 8 : but difficult for me

Observation n° 25 : because l cannot speak French .

Observation n° 60 : because l cannot speak it .

Ils prolongent leur logique en avançant que les étudiants ne prennent pas au sérieux les cours de français et qu’ils ne l’apprennent que pour réussir et avoir de bons résultats avant de le jeter aux oubliettes. La complexité de la langue, a crée aussi une frayeur et une répulsion. L’enquêté 24 pose comme condition que les enseignants soient plus flexibles par rapport à leurs absences, leur emploi du temps chargé et de ne pas faire des cours de rattrapage, le week-end. Il est utile de comprendre cette négation du français pour arriver à des solutions pouvant transformer la francophobie en une francophilie qui expulse toute réticence.

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Textes extraits de ’18.why4′(40 réponses citées)

Observation n° 8 : people are not serious about it .

Observation n° 24 : only if lecturers changes their attitude fowards students. Once a colleague told me not to do French because the lecturer are not flexible with students and that we need the score of GER’s for our transcript.

Observation n° 31 : because students are not motivated and they lack interest in the course .

Observation n° 40 : because most students just read French to pass not to have to knowledge

Observation n° 57 : Because it was hard for me to even ask how people are doing and also l couldn’t understand any word in French then.

 

CONCLUSION

Les résultats obtenus démontrent clairement et encore une fois que le français jouit en majorité, d’une représentation positive en Gambie ; et en ce qui nous concerne, à l’université gambienne, malgré les rumeurs non fondées sur le rejet de la langue par le corps estudiantin. A qui profitent d’ailleurs, ces inepties ? En ce sens, les données de 2010 lors de notre thèse coïncident avec celles de 2017. A aucun moment de cette enquête, le français n’a été qualifié de langue ennemie, colonisatrice, ou langue d’ingérence. Nous avons eu un échantillon pragmatique pensant à leurs futurs professionnels. Cela est d’autant plus vrai que le nouveau régime est très ouvert à la coopération internationale, avec la visite remarquée de son Excellence Adama Barrow, d’abord au Sénégal, puis au Mali, et enfin en France. Il n’est pas rare de voir, nos enquêtés manifester de l’intérêt pour le français car ils veulent travailler dans la diplomatie gambienne ou encore dans les organisations internationales. La perception positive est un poids capital dans leur motivation et leur réussite dans l’apprentissage du français. Tout de même, l’administration universitaire, ainsi que le corps professoral devraient discuter pour pallier aux difficultés évoquées, essayer de voir, quelles sont les suggestions réalistes, viables et faisables à court terme pour satisfaire les attentes des étudiants et améliorer les conditions de l’exercice. Il est vrai que ce ne sont pas aux étudiants de décider du fonctionnement universitaire, mais que ce serait une université sans étudiant ? Après tout nous travaillons pour eux. La sensibilisation par rapport à l’intérêt du français est un point essentiel et la réalisation d’activités culturelles et surtout ludiques est aussi nécessaire. Nous avons, de plus en plus, un public jeune. Souvent, il est bon de se mettre à leur niveau afin de leurs proposer des activités culturelles en adaptation et en adéquation avec leur âge. La dictée francophone, le concours de poème, les 10 mots de la francophonie, sont toutes de bonnes idées, mais il faudrait aller plus loin pour toucher le public et rendre les journées francophones plus attractives. Les séjours linguistiques de courtes durées sont possibles, les films courts métrages, les bandes dessinées, les jeux de mimes en classe, le karaoké, les devinettes, la chanson francophone, les reportages, la visite pédagogique en sont d’autres. Pour fermer cette étude, nous pensons à la suite de Blanchet Philippe, Moore Danièle, Rahal, Safia Asselah (2009) que nous sommes pour une didactique des langues contextualisée, car chaque situation à ses spécificités et ses exigences. Des enquêtes s’avèrent indispensables pour comprendre le paysage linguistique et ses usagers. Le cas du français à l’université gambienne est différent de celle du Ghana, du Nigéria ou de toute autre situation même si des convergences peuvent se voir.

BIBLIOGRAPHIE

BLANCHET Philippe (2009), Moore Danièle, RAHAL, Safia Asselah, Perspectives pour une didactique, langues contextualisée, éditions des archives contemporaines.
BOUTHIBAL Fatima Zahra, DEMBRIL Kawther, KERROURIL Redouane, (2016), « Les représentations des apprenants algériens à l’épreuve de leurs difficultés grammaticales », colloque RSACE, pp. 42- 43.
BOYER Henri, Introduction à la sociolinguistique, édition Dunod, 2001.
CALVET Louis-Jean, (1999), La guerre des langues et les politiques linguistiques, coll. Hachette.
CALVET Louis-Jean, (1999), Pour une écologie des langues du monde, éd. PLON.
OCKOVA Jana Boivin, La nature de l’usage linguistique, Thèse de doctorat, sous la direction d’Henri Boyer, pp. 268-270, université Paul Valéry, Montpellier 3, France.
RICHTERICH, R. (1985), Besoins langagiers et objectifs d’apprentissage, Paris, Hachette.
VERDELHAN-BOURGADE M., (2007) « Plurilinguisme : pluralité des problèmes, pluralité des approches », Tréma [En ligne], 28.
PAYE Ndèye Maty (2012), L’émergence d’une francophonie en Gambie. Les résultats des enquêtes menées à Brikama et Banjul en 2010. Thèse sous la direction de Carmen Alèn Garabato, Université Paul Valéry, Montpellier 3.
PAYE Ndèye Maty (2015), « Les politiques linguistiques en Gambie (language planning in the Gambia). Le cas du français», Revue AL’ADAB WA LLUGHAT, n°10, université d’Alger 2, Algérie, pp. 323-338.
JOBE, Alieu, (1996), «L’enfant gambien et les langues d’intégration à la ville», dans JUILLARD/CALVET, pp.207-214.
PAYE Ndèye Maty, (1999), « La dynamique des représentations du français en Gambie». Les Cahiers de l’école doctorale en Linguistique française, Brescia, Italie, n°5/2011, pp.122 – 134.
PAYE Ndèye Maty, (2014), « La Gambie entre présence francophone et perspectives économiques dans un contexte mondialisé», dans la Revue d’Etudes Africaines n 01, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal, pp.225 -243.

 


Oui, La Gambie veut, sait et peut parler le français! L’université gambienne à l’ère francophone

Ndèye Maty Paye –  mars 2014 – http://www.bulletin.auf.org/index.php?id=1747

1- Les stéréotypes ont la vie dure! Cette amorce explique l’idée préconçue selon laquelle la République gambienne et ses habitants sont ancrés dans leurs traditions britanniques de manière permanente, refusant catégoriquement de s’ouvrir aux autres langues. Rappelons la définition du stéréotype selon Henri Boyer (2001 : 42) :

Le stéréotype est une représentation […] issue d’une accentuation du processus de simplification, de schématisation, et donc de réduction propre à toute représentation collective, conduisant au figement. Le stéréotype n’évolue plus, il est immuable, d’une grande pauvreté.

2- De ce constat est née une thèse soutenue en 2012 à Montpellier III, sous la direction de Mme Carmen Alèn Garabato, pour montrer une fois de plus le caractère faux et trompeur de la stéréotypie. L’argumentaire s’appuyait, dans ce cadre, sur l’exemple de la Gambie, où nous avons détecté, d’après nos enquêtes menées en 2010 à Banjul et à Brikama, l’émergence d’une francophonie bien vécue et acceptée. Progressivement, nous avons observé sa tolérance, depuis les hautes sphères de l’État jusqu’aux populations locales en passant par l’université gambienne (UTG). Sous un angle pragmatique, la Gambie, et l’université en particulier, s’intéressent davantage à la langue française comme outil de travail et d’érudition. À cet effet, elles projettent de la rendre obligatoire, toutes filières confondues.

3- D’emblée, nous présentons l’université gambienne comme une institution consciente de l’importance de la pluralité linguistique et du poids des langues dans les enjeux économiques. La présence francophone n’est ni une utopie, ni un mythe, encore moins une illusion à l’UTG, mais une réalité. Cette observation entraîne une deuxième considération, à savoir que la langue dépasse les frontières géographiques habituelles pour pénétrer petit à petit dans des zones étrangères inattendues. Le présent article s’intéressera à l’environnement francophone de l’UTG et aux politiques universitaires destinées à promouvoir la langue. Nous entendons la notion de politique au sens de Louis-Jean Calvet (1996 : 3) :

« La politique linguistique est la détermination de grands choix en matière de rapports entre les langues et les sociétés, et sa mise en pratique est appelée la planification linguistique. »

4- L’université gambienne, créée en mars 19991, toute jeune encore, est financée par l’État gambien. Elle est pleine de dynamisme, car ouverte aux échanges et au partage des savoirs entre les ressources locales, mais aussi extérieures2 : Cheikh Anta Diop et Gaston Berger (Sénégal), Limoges (France), Vaxjo (Suède), St Mary’s College (Maryland, États-Unis), parmi tant d’autres. Le département de français de l’UTG accueille régulièrement des professeurs invités aux origines diverses avec l’appui de l’Agence universitaire de la Francophonie, de la Coopération Française et d’autres organismes.

5- Son excellence, M. le président de la République, Yayah Jammeh, recteur et président de l’université de Gambie, est le premier à servir de référence dans cette promotion du français. À la visite du président sénégalais, M. Abdoulaye Wade3, en janvier 2010 à Banjul, le signal était fort pour la francophonie. Le président gambien a tenu son discours en français et le leader sénégalais a réalisé son allocution en anglais. Dans une perspective altermondialiste, le français est sans nationalité en demeurant international. Il est érigé au rang de langue de coopération, de collaboration, de cohésion et de partage dans le respect de la diversité culturelle et linguistique, par l’administration universitaire.

6- Au sein de l’université, le vice-président, le professeur Kah, et le professeur Jah ne perdent aucune occasion pour rappeler lors des cérémonies officielles l’importance du français. Ils exhortent la communauté estudiantine à apprendre et à parler le français. Nous pensons notamment au discours de la rentrée universitaire 2014, où la langue française a bénéficié d’éloges de la part des autorités universitaires. C’est dans ce cadre que l’UTG, pourtant anglophone à la base, n’hésite pas à intégrer l’enseignement de la langue française dans ses programmes. En effet, qu’importe la discipline choisie par l’étudiant, celui-ci est tenu d’apprendre une deuxième langue pour mieux s’armer lors des communications internationales. Parmi les options offertes, le français est choisi par plus de 90 % des étudiants et devance l’arabe, comme nous l’affirmait le doyen de la Faculté des lettres et sciences humaines, le docteur Pierre Gomez. L’autre signe encourageant pour l’avenir du français à l’université gambienne est que son département compte parmi l’un des premiers, à côté de l’histoire et de la santé publique, à offrir un programme de master, là où d’autres départements n’offrent pour l’instant qu’un programme de licence. Ainsi, le département de français est riche d’un master en Arts, Lettres et Langues, mention Lettres. Ce dernier est né d’un accord signé sur la codiplomation4 entre l’université de Gambie et celle de Limoges, en juin 2008. Il est financé par les deux universités en collaboration avec l’Agence universitaire de la Francophonie et la Coopération Française. La durée de l’accord est de quatre ans renouvelable. Ce master a déjà enregistré un franc succès avec la soutenance de sa première promotion en octobre 2010. Nous avons eu l’opportunité d’encadrer la nouvelle promotion 2013-2014, ayant soutenu leur master 1 avec des mémoires portant sur des thèmes variés : le cinéma africain, la littérature comparée, ainsi que la sociolinguistique. Tout naturellement, elle enchaîne le master 2, devant être soutenu vers septembre 2014.

7- Dans les disciplines non linguistiques, le français en tant que langue étrangère est enseigné sous l’appellation de français fondamental. Cependant, le français sur objectifs spécifiques (FOS) reste un enseignement majeur né de la demande des professionnels du tourisme et de l’hôtellerie, de la santé publique, des banques… Il est à noter que les étudiants en médecine font généralement leur spécialisation au Sénégal francophone, d’où leur apprentissage du français et des termes usuels dès leurs pays d’origine, avec Mme Ceesay Mame Tute, qui doit composer avec des effectifs élevés et un emploi du temps surchargé.

8- L’AUF a doté l’UTG d’un campus numérique (digital campus) géré par le docteur Sylvie Coly. Celui-ci est équipé d’ordinateurs permettant la documentation, les recherches bibliographiques et offre des formations en ligne aux étudiants. Nous y trouvons aussi une bibliothèque donnant accès à des ouvrages de littérature française et francophone, de critique littéraire, de sociolinguistique, de FOS, de FLE, d’économie, de droit… Toutefois, cette riche documentation reste réduite et insuffisante face à la demande perpétuelle des étudiants. Néanmoins, un développement de l’enseignement du français sur objectifs spécifiques (FOS) s’opère, avec notamment le français juridique et le français médical, afin de préparer les étudiants gambiens à pouvoir communiquer en français sans barrière dans leurs futurs milieux professionnels.

9- La Coopération Française assistait le gouvernement gambien avec le premier Projet d’Appui à la Diffusion et à l’Enseignement du Français (PADEF), au montant de 610 000 euros, de 1998 à 2005. C’est d’ailleurs grâce à ce projet antérieur que certaines promotions locales ont pu bénéficier d’une aide financière à la mobilité et à la recherche et poursuivre leurs études supérieures à Limoges ou à Besançon, par exemple. À la demande du partenaire gambien, le Projet Pour Un Ancrage Du Français En Gambie (PAFEG), d’un montant de 800 000 euros, a été financé. Les grands traits de ce projet (2007 : 5-7)5 se résument à faire du français un outil de travail.

10- Gambia College est l’institut universitaire qui s’occupe de la formation des enseignants de l’école. Les étudiants de français préparent leur diplôme Higher Teachers Certificate (HTC) en trois années. Les deux premières années de formation sont théoriques et la troisième année est pratique, celle-ci incluant un stage professionnel. Les candidats sont généralement recrutés au niveau G12 (Terminale), après avoir été soumis à un test d’aptitude, pour vérifier leur niveau en français et s’assurer qu’ils peuvent suivre les cours dispensés en français.

11- Il n’en demeure pas moins que des obstacles surgissent et freinent l’élan positif noté pour l’enseignement/apprentissage du français à l’université. Il conviendrait dans un prochain article de diagnostiquer les problèmes rencontrés dans la diffusion du français à l’université afin de proposer des solutions. Dans cette présente rédaction, l’occasion nous a été offerte de présenter l’environnement francophone dans lequel baigne l’université gambienne afin de balayer toute affirmation gratuite et non fondée. En majorité, des représentations positives du français et de l’espace francophone sont notées à l’UTG. Des valeurs — esthétique, pratique, identitaire, affective, fonctionnelle (Calvet, 1999 : 75) — sont conférées à la langue française, et par les autorités universitaires, et par la communauté estudiantine. Cette image positive est aux antipodes des faux jugements de valeur considérant la Gambie comme une terre close, bornée. En Gambie, on parle aussi le français! En témoigne son université, actrice et active, aux premières loges pour la diffusion du français.

BIBLIOGRAPHIE

Boyer, Henri, (2001), Introduction à la sociolinguistique, L’Harmattan, Paris.

Calvet, Louis-Jean, (1999), Pour une écologie des langues du monde, Plon, Paris.

Paye, Ndèye Maty, L’émergence d’une francophonie en Gambie. Représentations, Promotion, Obstacles. Les résultats des enquêtes menées à Banjul et Brikama en 2010, sous la direction de Mme Carmen Alèn Garabato, Université de Montpellier 3, thèse soutenue en décembre 2012.

Chaudenson, Robert, (2006), Vers une autre idée et pour une autre idée de la langue française, L’Harmattan, Paris.

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